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Accident avec du gibier en Suisse : que faire, annonce et assurance

Chevreuil heurté ? Comment réagir face au gibier, sécuriser les lieux, annoncer l’accident au 117 et ce qui s’applique pour l’amende et la casco partielle.

Theorie Swiss7 min de lecture
Accident avec du gibier en Suisse : voiture sur la voie de droite d’une route en lisière de forêt au crépuscule, chevreuil au bord

Réponse rapide : accident avec du gibier en Suisse, que faire ?

Un chevreuil, un renard ou un blaireau surgit soudain dans les phares, et la collision est là. Après un accident avec un animal sauvage, la marche à suivre en Suisse est claire :

  1. S’arrêter et enclencher les feux de détresse.
  2. Sécuriser les lieux : enfiler un gilet de sécurité, placer le triangle de panne et se mettre hors de la zone de danger.
  3. Appeler la police au 117. La police alerte le garde-faune ou la surveillance de la chasse compétente.
  4. Ne pas s’approcher de l’animal ni le toucher, même s’il est blessé.
  5. Attendre la police ou le garde-faune. Ils s’occupent de l’animal et établissent la confirmation pour l’assurance.

Un accident avec du gibier doit être annoncé, même si l’animal s’est enfui ou si la voiture semble à peine endommagée. Repartir sans rien dire est punissable (art. 51 al. 3 et art. 92 al. 1 LCR).

Quand et où ces accidents se produisent

Selon la statistique fédérale de la chasse (tenue sur mandat de l’OFEV), 7651 chevreuils ont été recensés comme victimes du trafic routier durant l’année de chasse 2025. La seule police cantonale soleuroise reçoit chaque année environ 1500 annonces de collisions entre véhicules à moteur et animaux sauvages, surtout la nuit. Seuls les animaux annoncés et retrouvés sont comptés : le chiffre réel est plus élevé.

  • Aube, crépuscule et nuit : selon le TCS, la plupart des collisions sur les tronçons de passage de gibier ont lieu entre 5 h et 8 h et entre 17 h et 22 h.
  • Automne et hiver : après le passage à l’heure d’hiver, les trajets pendulaires tombent au crépuscule, précisément quand les cerfs et chevreuils sont actifs. En hiver, les animaux lèchent aussi le sel au bord de la route.
  • Printemps : les animaux cherchent de la nourriture fraîche et les jeunes explorent les environs.
  • Lisières de forêts et de champs : routes longeant les bois, endroits sans visibilité, champs de céréales ou de maïs proches de la route.

Le signal « Passage de gibier »

Le signal de danger « Passage de gibier » (1.24) indique qu’il faut s’attendre à du gibier sur la chaussée ; la longueur du tronçon dangereux figure en général sur une plaque complémentaire (art. 12 al. 1 OSR). Hors des localités, les signaux de danger sont en règle générale placés 150 à 250 m avant l’endroit dangereux (art. 3 al. 3 OSR). À ne pas confondre avec le signal « Animaux » (1.25), qui avertit de la présence d’animaux domestiques non surveillés comme des vaches. Pour les autres signaux de danger, voir notre aperçu des signaux routiers en Suisse.

Le signal n’impose pas de vitesse précise, mais la règle de base s’applique toujours : adapter sa vitesse aux circonstances et à la visibilité (art. 32 al. 1 LCR). Les limitations générales sont expliquées dans Limitations de vitesse en Suisse.

Un animal sur la route : comment réagir

  • Ralentir et être prêt à freiner, surtout en forêt, en lisière et au crépuscule.
  • Observer les bords de la route : les yeux des animaux reflètent souvent la lumière des phares.
  • Passer en feux de croisement dès que vous voyez un animal. Une lumière intense l’éblouit et il reste souvent figé.
  • Un bref coup de klaxon peut aider à le chasser de la chaussée.
  • S’attendre à d’autres animaux : un chevreuil arrive rarement seul. Ne réaccélérez pas tout de suite après le passage d’un animal.
  • Garder une distance suffisante pour pouvoir s’arrêter derrière un véhicule qui freine. Plus d’infos dans Distance de sécurité en Suisse.

Collision inévitable : freiner plutôt qu’éviter

Si le choc ne peut plus être évité : freiner à fond, tenir fermement le volant et rester dans sa voie. Renoncez aux manœuvres d’évitement paniquées. Les crash-tests du TCS ont montré qu’un écart peut avoir des conséquences bien plus graves que le choc avec l’animal, par exemple en finissant dans le trafic venant en sens inverse, dans le fossé ou contre un arbre. La sécurité des occupants passe avant tout.

Après l’accident : étape par étape

  1. S’arrêter, feux de détresse. Lors d’un accident impliquant un véhicule à moteur, toutes les personnes impliquées doivent s’arrêter immédiatement et, dans la mesure du possible, assurer la sécurité de la circulation (art. 51 al. 1 LCR).
  2. Gilet de sécurité et triangle de panne. Où et à quelle distance ? Voir Triangle de panne en Suisse. Si un obstacle ou un autre danger apparaît, les personnes impliquées doivent prendre immédiatement des mesures de sécurité (art. 54 al. 1 OCR).
  3. Appeler le 117 et décrire le lieu le plus précisément possible. La police contacte le garde-faune.
  4. Garder ses distances avec l’animal. Un animal sauvage blessé est stressé, imprévisible et fuira sinon avec ses dernières forces.
  5. Attendre la police ou le garde-faune. Si l’animal s’est enfui, le garde-faune peut le rechercher avec un chien spécialement formé : l’endroit exact est donc important.

Emporter l’animal mort ? Non. Emporter un animal sauvage mort est interdit et constitue pénalement du braconnage. C’est la police ou le garde-faune qui décide quand l’animal est retiré de la chaussée.

Obligation d’annoncer : ce que dit la loi

En droit de la circulation routière, les animaux sauvages sont considérés comme des choses. Si l’accident n’a causé que des dégâts matériels, l’auteur doit avertir immédiatement le lésé ou, si c’est impossible, informer sans délai la police (art. 51 al. 3 LCR). Pour le gibier, cela signifie en pratique : appeler immédiatement la police (117), qui alerte ensuite le garde-faune. La police cantonale soleuroise demande expressément d’annoncer toute collision, même minime.

  • Accident non annoncé : celui qui viole ses devoirs en cas d’accident est puni d’une amende (art. 92 al. 1 LCR). Annoncer seulement plus tard, par exemple quand l’assurance demande une confirmation, est aussi punissable.
  • Protection des animaux : ne pas annoncer peut prolonger la souffrance d’un animal blessé ; selon le TCS, une sanction selon la loi sur la protection des animaux peut s’y ajouter.
  • Accident remarqué après coup : si vous apprenez seulement plus tard que vous avez été ou pourriez avoir été impliqué dans un accident, vous devez retourner immédiatement sur les lieux ou vous annoncer au poste de police le plus proche (art. 56 al. 4 OCR).
  • Personnes blessées : les règles plus strictes des accidents avec blessés s’appliquent : porter secours et avertir la police (art. 51 al. 2 LCR). Le conducteur qui prend la fuite encourt une peine privative de liberté de trois ans au plus ou une peine pécuniaire (art. 92 al. 2 LCR).

Assurance : qui paie les dégâts ?

Les dommages dus à la collision directe avec un animal sauvage sont en général couverts par la casco partielle. Les dommages causés par une manœuvre d’évitement (par exemple contre un arbre ou une clôture) ne sont en règle générale couverts que par la casco complète. Les conditions exactes figurent dans votre police.

L’assurance demande une preuve : le garde-faune ou la police établit le procès-verbal d’accident ou la confirmation d’accident avec du gibier. Une raison de plus d’annoncer immédiatement.

Pièges typiques à l’examen théorique

  • « Éviter est plus sûr que freiner » : faux. Freiner, tenir le volant et rester dans sa voie est en général plus sûr.
  • « L’animal est parti, je n’ai rien à annoncer » : faux. Appelez la police pour que le garde-faune puisse le rechercher.
  • « Feux de route pour mieux voir le gibier » : faux. Passez en feux de croisement dès qu’un animal est dans le faisceau.
  • « Après le premier chevreuil, la route est libre » : faux. Attendez-vous à d’autres animaux.
  • « Je peux garder un chevreuil mort » : faux. C’est du braconnage.

S’entraîner aux règles de la circulation

Signaux de danger, comportement après un accident et vitesse adaptée reviennent régulièrement à l’examen théorique. Voir Combien de questions à l’examen théorique ?, notre article sur les feux de brouillard en Suisse en cas de mauvaise visibilité, la page Règles de la circulation en Suisse et, si besoin, Examen théorique échoué. Commencez par la démo gratuite, découvrez comment réviser l’examen théorique en ligne ou débloquez toutes les questions sur la page des prix.

FAQ

Que faire après avoir heurté un chevreuil en Suisse ?
S’arrêter, feux de détresse, gilet de sécurité, sécuriser les lieux avec le triangle de panne, appeler la police au 117, rester à distance de l’animal et attendre la police ou le garde-faune.

Faut-il annoncer un accident avec du gibier ?
Oui. Selon l’art. 51 al. 3 LCR, il faut avertir le lésé ou, si c’est impossible, la police sans délai. Pour le gibier : appeler tout de suite le 117, même pour de petits animaux et même si l’animal s’est enfui.

Que risque-t-on si on ne l’annonce pas ?
La violation des devoirs en cas d’accident est punie d’une amende (art. 92 al. 1 LCR) ; une annonce tardive est aussi punissable. Une sanction selon la loi sur la protection des animaux peut s’y ajouter.

L’assurance paie-t-elle un accident avec du gibier ?
Les dégâts du choc direct sont en général couverts par la casco partielle, ceux d’une manœuvre d’évitement en règle générale seulement par la casco complète. Le rapport de la police ou du garde-faune sert de preuve.

Faut-il éviter un chevreuil ?
Non. Freinez de manière contrôlée, tenez fermement le volant et restez dans votre voie.

Sources

  • Loi sur la circulation routière (LCR, RS 741.01) : art. 32, 51, 92 ; Ordonnance sur les règles de la circulation routière (OCR, RS 741.11) : art. 54, 56
  • Ordonnance sur la signalisation routière (OSR, RS 741.21) : art. 3 et 12 (signal 1.24 « Passage de gibier »)
  • Canton de Soleure (Office des forêts, de la chasse et de la pêche ; police cantonale), police cantonale zurichoise, police de Zoug : comportement en cas d’accident avec du gibier
  • TCS : accident avec des animaux sauvages ; gibier sur la route, que faire ?
  • Statistique fédérale de la chasse (OFEV, Wildtier Schweiz), année de chasse 2025

Remarque : ceci n’est pas un conseil juridique ; seuls les textes en vigueur, la pratique cantonale et le cas d’espèce font foi.

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